 REIMS | Le 2 mars 1915, 1 officier et 30 hommes avec trois auto-pompes sont envoyés dans la ville en flamme. Ils sont renforcés de 20 hommes à partir du 30 avril 1917 et maintenus jusqu'au 30 mai 1918, date à laquelle la situation devint si grave qu'ils reçurent l'ordre d'évacuer la ville.
Ce détachement relevé tous les trois mois assura le service d'incendie et de sauvetage pendant plus de trois ans, sous des bombardements qui furent quelquefois très violents et durèrent des semaines entières.
C'est surtout au cours des années 1917 et 1918 que la lutte contre le feu a été des plus pénibles. Ce ne sont plus seulement quelques maisons isolées qui brûlent, mais des quartiers entiers. Les hommes du détachement travaillent jour et nuit sans pouvoir être relevés et s'efforcent de diminuer les ravages.
En avril 1917, l'Hôtel de Ville et 120 maisons voisines devenaient la proie des flammes. La destruction des canalisations ne permettait que l'emploi de moyen de fortune pour combattre l'incendie.
Au cours du mois d'avril 1918, la situation devint extrêmement critique et la ville fut menacée d'une destruction totale ; du 6 au 13 avril, un bombardement continu à obus incendiaire mit le feu à 630 maisons. Dans une seule journée, le 21 avril, 120 maisons furent incendiées.
Malgré le surmenage intensif auquel il fut soumis pendant cette dure période, le détachement n'a pas faibli. Il a accompli sa mission, dormant sur place, parcourant sas cesse les îlots menacés. Obligé de changer constamment leurs points d'attaque, hommes et gradés ont donné jusqu'à l'extrême limite des forces humaines.
Vers fin mai 1918, les quartiers N.-E. ayant été pris par l'ennemi, le détachement évacua la ville.
Jusqu'en avril 1917, on utilisa les canalisations urbaines pour l'extinction des incendies. Mais la destruction des conduites par le bombardement obligea de recourir à des moyens de fortune. On se servit des puits. On installa en différents points de la ville de nombreuses cuves d'une capacité s'élevant souvent à plusieurs mètres cubes.
Le nombre des incendies combattus par le détachement du Régiment s'élève à plusieurs centaines, mais certains sinistres s'étendirent à des quartiers entiers et durèrent plusieurs jours. Toutefois, 1200 maisons, environ le dixième, purent être préservées.
Indépendamment des incendies, les sapeurs du détachement ont participé à l'enlèvement des vitraux de la cathédrale et de l'église Saint-Rémy. Ce travail périlleux exécuté à la hâte, sans échafaudage, dura plus de trois mois.
Au cours de leur séjour à Reims, les détachements du Régiment ont obtenus 87 citations avec Croix de Guerre et 5 Médailles Militaires. Ils ont obtenu, le 5 mars 1918, une citation collective à l'ordre de l'Armée.
Sont morts au feu, à Reims :
- Sergent THÉRON, tué par un obus allemand le 6 avril 1917, en combattant un incendie.
- Sapeur MARTIN, tué par un obus allemand le 6 avril 1917, en combattant un incendie.
- Sapeur GIBIER, tué le 11 mars 1918, à la suite d'une chute dans un incendie.
- Sapeur DESAVEINES, tué le 16 avril 1918, par éclat d'obus au cours d'un incendie.
Une trentaine de sapeurs ont été blessés plus ou moins grièvement, par éclat d'obus, intoxication ou chute de matériaux ; trois furent amputés. |
|  VERDUN | Le 20 mars 1916, un détachement du Régiment comprenant un capitaine et 30 hommes part pour Verdun, emmenant trois auto-pompes.
A son arrivée, le chef de détachement se met à la disposition du Général commandant la Place, et s'installe en cantonnement à l'Hôtel de Ville, dans une situation assez centrale et où des caves suffisamment solides permettaient d'abriter les hommes pendant les bombardements intenses.
Dés le début, ce détachement eut à combattre des incendies très violents au cours de bombardements continus.
La canalisation ayant été mis hors de service et les seules ressources en eau étant limitées à la Meuse, les sapeurs installèrent des cuves à eau sur différents points de la ville et notamment dans la partie haute. Ils remplirent également les citernes qu'ils trouvèrent en bon état.
Ce détachement relevé comme les autres tous les trois mois eut à intervenir dans 150 incendies environ.
Le 26 septembre 1917, la situation militaire autour de la ville s'étant amélioré et la valeur des constructions restantes ne présentant plus qu'un minime intérêt, le détachement rentra à Paris. Il était resté dix-huit mois à Verdun.
Malgré les dangers et les fatigues de toutes sortes, les différents détachements qui se sont succédés ont rempli leur mission à l'entière satisfaction du Général commandant la Place et ont obtenu 15 citations avec croix de guerre et 4 médailles d'honneur.
Deux sapeurs ont été tués au cours des opérations :
- AYROLES, tué le 7 août 1916 par éclats d'obus.
- HARY, tué le 7 août 1916 par éclats d'obus.
Une dizaine furent blessés par la chute de matériaux. |
|  AMIENS | Le 27 avril 1918, un détachement comprenant un adjudant et 21 hommes avec deux auto-pompes, fut envoyé à Amiens au moment où la ville était particulièrement éprouvée par le bombardement et les incendies.
Ce détachement eût à combattre de nombreux incendies dont plusieurs très importants. Il rendit en outre de réels services dans différents cas.
Les bouches d'arrosage et les bornes-fontaines de la localité étant insuffisantes, en raison de leur petit diamètre et de leur éloignement, pour alimenter directement les auto-pompes à grand débit, des réservoirs artificiels comprenant des cuves ou bacs métalliques furent installés en différents points de la ville. Ces réservoirs, au nombre de 51, enterrés pour éviter les déchirures par éclats d'obus, étaient maintenus constamment remplis d'eau.
Le service des eaux de la ville n'ayant plus ni direction, ni personnel, les militaires du détachement furent chargés de le réorganiser.
Les sapeurs mécaniciens procédèrent à la remise en état des machines hydrauliques du château d'eau et des conduites au prix des plus grandes difficultés.
D'autres travaux importants tels que la descente des vitraux, orgues, objets d'art de la cathédrale, furent exécutés par les sapeurs.
Ils coopérèrent également à l'enlèvement des fresques de PUVIS de CHAVANNES et au déménagement du musée, etc... ainsi qu'à la protection de différents bâtiments de la ville.
Enfin ils rendirent de multiples services en recouvrant et clôturant un grand nombre d'immeubles.
Trois sapeurs furent blessés au cours des opérations.
La situation militaire s'étant améliorée, le détachement rentra le 31 octobre 1918 ; il fut cité à l'ordre de la Place par le Commandant d'armes. |
|  SOISSONS | La ville de Soissons ayant été très éprouvée par le bombardement et l'incendie, le Commandant d'armes demanda, le 20 juillet 1916, un sous-officier et un caporal pour diriger le service des secours.
Ces gradés avaient sous leurs ordres six sapeurs du Génie ; mais, le nombre d'incendies ayant considérablement augmenté et menaçant la ville d'une destruction totale, des renforts furent demandés : un capitaine et vingt et un gradés ou sapeurs furent envoyés avec deux auto-pompes.
Ce détachement maîtrisa de nombreux sinistres et rentra au bout de quatre jours laissant sur place une auto-pompe, un sous-officier et cinq hommes. Ceux-ci assurèrent le service jusqu'au 28 mai 1918, date à laquelle ils durent rentrer d'urgence à Paris en raison de la situation militaire.
Les ressources en eau de la localité étaient fournies par l'Aisne et par une canalisation alimentant insuffisamment des bouches de 40 mm. D'autres points d'eau furent installés dans la ville.
Le détachement eut à combattre une quarantaine de sinistres.
Un sous-officier et un caporal furent cités à l'ordre du 37ème Corps d'Armée. |
|  ABBEVILLE | Le 20 mai 1918, le Ministre de la Guerre, demanda au Préfet de Police, l'envoi d'un détachement, composé d'un sous-officier, dix caporaux et sapeurs. Satisfaction fut aussitôt donné.
La ville étant très bombardée et les ressources en eau étant faible, les Sapeurs-pompiers ne purent utiliser que quelques points d'eau dans la rivière et des bouches de 40 mm avec une pression insuffisante.
En dehors de l'extinction de nombreux incendies, ils furent employés à de multiples travaux d'étaiement d'immeubles, d'abattage de murs menaçant ruine, d'épuisements de caves, d'assainissement, de recherches de victimes sous les éboulements ; ils se rendirent utiles avec leur zèle et leur dévouement habituels.
Deux sapeurs furent blessés au cours des opérations.
Le détachement en entier fut cité.
Il fut rappelé à Paris le 30 octobre 1918. |
|  CHÂLONS | Le 5 novembre 1917, un détachement du Régiment composé de un sous-officier, six caporaux et sapeurs a été envoyé à Châlons-sur-Marne avec une auto-pompe.
Dés décembre 1917, il eut à combattre des incendies très importants e différents point de la ville.
En mars 1918, Châlons-sur-Marne fut l'objet chaque nuit d'un bombardement aérien intense qui provoqua de nombreux sinistres.
En juillet 1918, la ville fut soumise à un bombardement par pièces à longue portée.
Le 17 juillet, le détachement coopéra à l'extinction d'un train de munitions.
A cette époque, les sapeurs étant très surmenés, l'effectif fut doublé, sur la demande du Commandant d'armes et porté à un sergent-major, un sergent et douze caporaux ou sapeurs.
Les ressources en eaux étaient fournies par la Marne et une grosse canalisation formant ceinture.
En septembre, la situation de Châlons-sur-Marne s'améliore très sensiblement. Le 1er novembre, le détachement rentre à Paris à l'exception d'un sergent maintenu comme instructeur des équipes de remplacement.
Le détachement obtint 14 citations avec croix de guerre, pour avoir combattu avec courage et dévouement de nombreux incendies sous le feu de l'ennemi et avoir notamment contribué à l'extinction d'un train de munitions dont les projectiles explosaient. |
|  ÉPERNAY | En mai 1918, lors de l'avance de l'armée allemande, le G.Q.G. du groupe d'armée du Nord donna l'ordre au Capitaine commandant le détachement de Reims d'évacuer cette ville et de se rendre à Épernay ; un adjudant, vingt et un caporaux ou sapeurs et deux auto-pompes restèrent dans cette localité pour assurer le service d'incendie et de sauvetage, les autres rentrèrent à Paris.
Dés le début, le détachement eu à combattre de violents incendies. A partir du 16 juillet, les bombardements devinrent si intenses que le Général commandant la Place fit demander en renfort un fourgon-pompe avec son personnel et son matériel. Satisfaction lui fut donnée et un Officier prit le commandement.
A son arrivée, il trouva la ville évacuée, privée d'eau, de gaz et d'électricité. Aucun service municipal n'y fonctionnait plus. Il n'existait même plus de troupes cantonnées.
Le détachement ayant à intervenir très souvent sous le bombardement, fut vite surmené. Le Général commandant d'armes demanda un un nouveau fourgon-pompe en renfort avec 10 sapeurs.
Les seules ressources en eau étaient fournies par un petit ruisseau, le Cubry, très souvent à sec, et dans la Marne presque inutilisable. Elles étaient notoirement insuffisantes et d'importantes réserves d'eau constituées par des bassins et citernes furent aménagées sur une dizaine de points.
Plu tard les conduites furent réparées.
Le détachement eut à intervenir dans une trentaine de violents incendies et à opérer le sauvetage de 12 personnes ensevelies sous les décombres.
Sa conduite lui valut vint et une citations avec croix de guerre.
[Le 16 avril 1918, le sapeur DESAVEINES a été tué par éclats d'obus au cours des opérations.]
Trois sapeurs furent blessés pendant les opérations |
|  DUNKERQUE | Le port de Dunkerque étant soumis à des bombardements incessants par pièce à longue portée et par avions, le Généralissime demanda qu'un détachement composé de un adjudant, un sous-officier, dix-huit caporaux et sapeurs fut envoyé pour renforcer l'effectif des sapeurs-pompiers de la Place. Le Ministre de la guerre donna l'ordre de satisfaire à cette demande.
Le détachement arriva le 2 novembre 1917 et fut remplacé au bout de deux mois et dix jours par des anciens sapeurs du Régiment prélevés sur les unités du front. Il rentra à Paris, sauf l'adjudant et le sergent qui furent maintenus jusqu'au 29 octobre 1918.
Pendant son séjour à Dunkerque, il opéra de nombreuses extinctions et des sauvetages et donna toute satisfaction à la municipalité.
Le Maire de la ville exprima la gratitude de la population dans une lettre adressée au Chef de corps. |
|  BAR-LE-DUC | La ville de Bar-le-Duc ayant souffert de graves incendies consécutifs à des raids aériens ennemis, le Régiment de Sapeur-Pompiers reçut, le 3 octobre 1917, l'ordre d'envoyer dans cette Place un détachement commandé par un capitaine et comprenant trois sergents et vingt-quatre caporaux et sapeurs avec deux auto-pompes.
Le cantonnement fut établi à la mairie.
Les ressources en eau étant insuffisantes, notamment dans la ville haute, nos sapeurs établirent des points d'eau.
Les gradés firent l'instruction des détachements de territoriaux qui servaient de pompiers auxiliaires.
En outre des nombreux incendies dans la ville et ses environs qu'il eut à combattre, le détachement fut utilisé à abattre les pans de mur des maisons menaçant ruine, à descendre et à mettre en sûreté les oeuvres d'art du musée, des églises Saint-Pierre et Saint-Antoine, les archives de la Mairie.
Le Conseil municipal tint à exprimer sa satisfaction à nos sapeurs dans sa séance du 9 mars 1918. |
|  COMPIÈGNE | Le 5 septembre 1915, sur la demande de la direction des Beaux-Arts, le Préfet de police, d'accord avec le Gouverneur militaire de Paris, envoya à Compiègne, pour la protection du Palais et de l'ambulance qui y était installée, un détachement composé de un sous-officier et quatre caporaux ou sapeurs.
Le matériel d'incendie fût remis en état et des mesures furent prises pour assurer la préservation des bâtiments.
Le détachement s'acquitta non seulement de la mission qui lui était confiée, mais prêta son concours à la ville de Compiègne dans de multiples incendies ; en mars 1917, il fut utilisé à démonter un zeppelin descendu par notre artillerie.
27 projectiles tombèrent aux environ du Palais, un seul l'atteignit sans faire de dégâts importants.
En mars 1918, la situation étant très grave, le détachement reçut l'ordre de rentrer.
Le 30 avril, il fut rétabli ; mais devant l'intensité du bombardement et le nombre des incendies, il dû être renforcé et porté à un sous-officier et sept caporaux ou sapeurs ; un piquet de vingt-cinq soldats lui fut adjoint.
Le bombardement diminua vers le 10 août, en raison de l'avance de nos troupes, pour reprendre avec violence le 19.
Dans la nuit du 21 au 22 août, 6 torpilles lancées par des avions tombèrent sur le Palais causant des dégâts peu importants.
Notre détachement reçut l'ordre de rentrer à Paris le 29 octobre, les autorités militaires et civiles firent savoir au Chef de corps avec quel dévouement et quel zèle il s'était acquitté de sa mission. Il obtint quatre citations avec croix de guerre. |
|  Militaires du Régiment "Morts pour le France" | |  |
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|  | |  | | Verdun - 18 mars 1916 |  | Capitaine Paul MARTIN La Compagnie de Pompiers Source: B.D.I.C. |
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 | |  | | Verdun - 30 mars 1916 |  | Les pompiers de Paris Source: B.D.I.C. |
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 | |  | | Verdun - 8 avril 1916 |  | Général DUBOIS Les pompiers de Paris Source: B.D.I.C. |
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 | |  | | Verdun - 8 avril 1916 |  | Les pompiers de Paris Source: B.D.I.C. |
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 | |  | | Verdun - 10 juillet 1916 |  | Hôtel de Ville - La cour - Pompiers de Paris cantonnés à Verdun - la voiture de premier secours Source: B.D.I.C. |
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 | |  | | Verdun - 10 juillet 1916 |  | Hôtel de Ville - Pompiers de Paris cantonnés à Verdun - départ de la voiture de premier secours Source: B.D.I.C. |
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 | |  | | Verdun - 10 juillet 1916 |  | Rue X - Pompiers de Paris cantonnés à Verdun - voiture se rendant sur le lieu d'un incendie Source: B.D.I.C. |
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 | |  | | Verdun - 10 juillet 1916 |  | Rue X - Pompiers de Paris cantonnés à Verdun - voiture arrivant sur le lieu d'un incendie Source: B.D.I.C. |
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