HISTORIQUE DU RÉGIMENT PENDANT LA GRANDE GUERRE Mobilisation générale |  Le 4 août 1914, l'effectif du Corps, grossi par l'arrivée de réservistes, était de :
- 50 officiers
- 202 sous-officiers
- 1910 hommes
En raison de son double caractère militaire et professionnel, le Régiment allait avoir pendant la guerre une double mission ; il était à la disposition des autorités militaires pour participer directement ou non aux opérations militaires ; il devait aussi assurer la défense de Paris contre l'incendie.
Dés le début, un grand nombre d'officiers, chargés de missions temporaires spéciales, prévues dés le temps de paix pour la période de mobilisation rejoignaient le poste qui leur avait été assigné : le 3 août, les Médecins du Corps faisant partie de l'armée active étaient remplacés par des médecins de la réserve et de la territoriale. Un poste de la 10ème compagnie composé de 10 hommes commandés par un sergent était désigné pour surveiller la ligne téléphonique entre Roissy-en-France et Mesnil-Amelot. Le 4 août, les postes de gare fournis par la Garde Républicaine étaient remplacés par le Régiment qui détachait pour ce service 4 adjudants et 354 hommes. Divers petits postes protégeaient les établissements militaires importants, manutentions, parc à fourrage, ateliers de l'intendance, etc. Le 10 août, le Colonel adressait au Ministre une lettre dans laquelle il faisait ressortir que les charges d'incendie étaient moins lourdes qu'en temps normal par suite de la fermeture des théâtres, la suppression des permissions et la participation au service de tous les hommes du Corps dont aucun n'était à instruire. L'effectif du Corps porté à 2114 hommes par l'arrivée des réservistes, excédant de beaucoup les besoins, il proposait de former avec les disponibilités un bataillon de marche de 800 hommes répartis entre quatre compagnies dont l'encadrement en officiers et sous-officiers seraient également tiré du Régiment.
Ces propositions ne furent pas agréées, le Gouverneur militaire de Paris décida que toutes les forces disponibles du Régiment de Sapeurs-Pompiers resterait à sa disposition jusqu'à nouvel ordre. Le 14 août, il affecta huit détachements de 100 hommes au service d'ordre dans la banlieue, à Puteaux, Levallois, Saint-Ouen, Saint-Denis, Pantin, Montreuil, Ivry, Vanves où ils devaient rester jusqu'au 5 septembre 1914.
Le dimanche 30 août, commença la série des incursions des aéroplanes ennemis : cinq bombes furent lancées sur la ville dans le quartier de la gare de l'Est faisant six victimes (1 tué, 5 blessés) mais ne causant pas d'incendie.
Les opérations du début ayant permis à l'ennemi de se rapprocher de Paris, la ville fut mise en état de défense et le Régiment fournit un certain nombre de détachements pour diverses opérations de guerre.
Le 5 septembre, un lieutenant avec 45 hommes transportés en automobile exécutèrent une reconnaissance dans la région de Creil, Chantilly, Senlis.
Le 6 septembre, après une conférence avec le Colonel de la Garde et le Lieutenant-Colonel des Sapeurs Pompiers, le Préfet de police détermina dans quelles proportions il pouvait être donné satisfaction aux demandes de départ volontaire pour les unités combattantes sans nuire au service spécial des deux Corps et la fixait au tiers de l'effectif des officiers et gradés.
En exécution de cette convention un cadre de : 3 capitaines, 10 lieutenants, 27 sous-officiers, 33 caporaux, précédemment employés comme instructeurs au 3ème Régiment de marche du 1er Etranger furent définitivement affectés à ce Corps. Constitué à Rueil et aux Tourelles, ce Régiment partit le 28 novembre pour la Somme où il prit les tranchées vers le 10 septembre 1914 après un entraînement de 15 jours à proximité du front. Réduit par suite du départ des Anglais, Italiens, Russes et Alsaciens et par les pertes considérables qu'il avait subies, ne pouvant se reconstituer dans les dépôts, ce Corps fut dissous le 13 juillet 1915. La Compagnie de mitrailleuses et les hommes restant furent affectés au 2ème Régiment de marche de la Légion Etrangère ; les officiers et cadres reçurent des affectations dans la 10ème Armée. Cinq d'entre eux : MM. BERGEROT, JEAN, MARTIN, VARHEIT, FOCKENBERGHE trouvèrent une mort glorieuse dans les offensives de septembre 1915 à juillet 1916. |
| | Outre les cadres du Régiment étranger, 45 officiers, 312 sous-officiers et 306 caporaux et sapeurs, formés dans des cours spéciaux, à Paris, furent autorisés à prendre part aux opérations de guerre dans les unités combattantes.
Au commencement de 1915, les appareils lance-flammes expérimentés au Régiment ayant été adoptés, le Ministre décida que des Compagnies composées d'anciens Sapeurs-Pompiers de Paris seraient constituées pour l'utilisation de ces appareils ; le Régiment fut chargé d'organiser ces unités ainsi que leur dépôt qui resta longtemps dans une de ses casernes. Il eu également à participer dans une large mesure à la formation des Compagnies Z (gaz) dont les cadres furent en grande partie constitués avec des gradés du Corps.
Tous ces prélèvements furent renforcés par le renforcement du Régiment, en septembre 1914, de 350 hommes de la classe 1914. L'effectif total se trouva alors réduit à 23 officiers et 1700 hommes : soit 1 officier par compagnie ou service.
Mais tandis que l'effectif diminuait, le service du Régiment s'étendait bien au-delà des limites de la ville de Paris.
Les grandes villes du front soumises à de violents bombardements se trouvant impuissantes à assurer le service d'incendie par leurs propres moyens demandèrent les secours du Régiment. Des détachements de force variable avec des autos-pompes, commandés chacun par un Officier ou sous-officier furent envoyés à Reims, à Verdun, à Soissons, à Dunkerque, à Amiens, à Abbeville, à Compiègne, à Bar-le-Duc, à Chalons, à Epernay [voir la rubrique Le Régiment dans les villes bombardées].
Puis, sous la menace des bombardements à longue distance, terrestres, marins ou aériens, le Régiment fut appelé à coopérer à la défense contre l'incendie sur toute l'étendue de la France.
Des officiers furent chargés de visiter les poudreries nationales, les pyrotechnies, les grands ports de guerre et de commerce, les arsenaux, les écoles d'aviation, etc. pour y organiser ou réviser les services d'incendie.
De nombreux instructeurs furent fournis pour initier le personnel des centres importants à la manœuvre du matériel de secours.
Tous ces services extérieurs furent assurés sans que le service de la Capitale en souffrit. Paris fut cependant assez sérieusement éprouvé par les torpillages aériens, les bombardements à longue portée, et des sinistres graves éclatèrent dont le nombre s'accrut en proportion du développement considérable et soudain des exploitations industrielles dans la ville et la banlieue.
D'autre part, les Compagnies de Sapeurs-Pompiers de la banlieue ayant été désorganisées par la mobilisation, le Régiment de Paris eut à étendre son service dans tout le camp retranché ; l'ordre fut donné aux casernes et postes de faire immédiatement partir les secours pour tout appel d'établissement intéressant la défense nationale situé dans le département de la Seine ; l'autorisation était demandée au Préfet de police quand les limites du département devaient être franchies.
En 1918, les alertes furent de plus en plus fréquentes. Le bombardement par pièces à longue portée menaçant de devenir plus intense avec la nouvelle avance de l'ennemi, il fut décidé que quatre grand postes grands postes seraient créés en banlieue.
Ils furent établis à Boulogne, Levallois, dans la Plaine Saint-Denis et à Vincennes. Chacun d'eux comprenait : 1 officier, 25 hommes et 2 autos-pompes.
Depuis le début de la campagne, le Régiment s'était surmené. Il avait saisi avec empressement toutes les occasions de se rendre utile. En novembre 1917, l'effectif était réduit à 1600 hommes alors que tous les théâtres avaient successivement fait leur réouverture, entraînant la charge d'un service de représentation variant de 200 à 300 hommes. Le départ au front de la classe 1914 mit le Colonel dans l'obligation de demander du renfort. A la suite de cette demande l'effectif fut porté à 2100 hommes avec des territoriaux et des réservistes de la territoriale. Mais le Régiment n'ayant reçu aucun contingent des classes 1915-16-17-18, se trouva exclusivement composé de classes anciennes.
Parmi les principaux sinistres de Paris et de la banlieue pendant la guerre, nous relevons : les explosions de la rue Tolbiac (43 tués, 97 blessés), de la redoute de la Double-Couronne, de l'usine d'acide picrique de Massy-Palaiseau, de deux usines d'artifices d'Aubervilliers, du dépôt de grenades de la Courneuve (à la suite duquel 50 sapeurs spécialistes travaillèrent activement pendant 15 jours à bâcher les toitures des usines pour permettre la reprise du travail) ; les grands incendies du Bon Marché, des Magasins Généraux (cinq), du passage Dubail, où périrent 7 ouvriers, de Paris-France (12.000 mètres carrés), l'effondrement de deux ailes d'un grand bâtiment de cinq étages de près de 100 mètres de longueur à Billancourt, etc…
Au cours des raids des aéronefs ennemis, le Régiment avait reçu la mission d'alerter la population parisienne. L'alarme était donnée par les voitures d'incendie munies de sirènes, qui en un quart d'heure parcouraient 400 kilomètres de rues et quelquefois à deux reprises dans la même nuit.
La « berloque » sonnée par des clairons du Corps sur automobiles était le signal de fin d'alarme.
Les alertes furent parfois données au cours même des raids et pendant l'un d'eux les voitures d'incendie essuyèrent le feu des mitrailleuses aériennes ennemies.
Le Régiment de Sapeurs-Pompiers répondit sans défaillance à tous les appels et s'employa avec toutes ses ressources, tout son cœur, à soulager les innombrables misères de la population parisienne. Personne n'a, d'ailleurs, à aucune époque de son existence, fait appel en vain à son dévouement. Le Gouverneur militaire de Paris luis a rendu un hommage mérité dans l'Ordre général n° 40, du 6 février 1918, ainsi conçu :
« Pendant la nuit du 30 au 31 janvier 1918, au cours du bombardement de Paris par les aéronefs ennemis, le Régiment de Sapeurs-Pompiers de Paris a été appelé à porter secours simultanément sur les différents points de la ville.
« La rapidité et la précision avec lesquelles ces secours ont été dirigés, l'efficacité des mesures prises, l'énergie du personnel employé ont été remarqués par la population et le Gouvernement lui-même en a fait la remarque dans ses communiqués.
« J'adresse au Régiment l'expression de mon entière satisfaction. »
Signé : Général DUBAIL |
|  70 alertes de raids aériens sur Paris | On compta à Paris 70 alertes de raids aériens. En 1918, il y en eut jusqu'à treize en onze nuits consécutives.
Les raids les plus importants sont les suivants :
- 31 janvier 1916. – Raid de zeppelins : 20 bombes, 9 maisons écroulées, 25 tués, 18 blessés.
- 31 janvier 1918. – Raid d'avions : 71 bombes, incendie et écroulement de 4 maisons, 25 tués, 78 blessés. Grand feu aux Magasins généraux.
|
| |
| - 8-9 mars 1918. – Raid d'avions : 27 bombes, 13 maisons incendiées ou écroulées, 12 tués, 37 blessés. Une torpille de 100 kilos détruit entièrement une maison de cinq étages, rue Geoffroy-Marie, n° 3 et 5. De nombreuses personnes réfugiées dans les caves sont sauvées.
|
| | - 11-12 mars 1918. – Raid d'avions : 39 projectiles, 24 maisons écroulées, 28 tués, 29 blessés. Plusieurs incendies graves. En outre une panique à la station Bolivar entraîne la mort de 60 personnes : 100 autres furent blessées.
- 13 avril 1918. – Raid d'avions : 7 torpilles, une de 300 kilos détruit un égout, éventrant une grosse conduite d'eau et une conduite de gaz de 600 mm qui s'enflamme, incendiant deux immeubles de 6 étages, 4 maisons écroulées, 20 tués, 30 blessés.
- 2 juin 1918. – Raid d'avions : 6 torpilles, dont une de 300 kilos, 5 maisons écroulées, 5 blessés.
- 7 juin 1918. – Raid d'avions : 44 bombes ou torpilles, 1 tués plusieurs blessés.
|
|
| - 16 juin 1918. – Raid d'avions : 7 torpilles, grand incendie de Paris-France, 2 tués, 4 blessés.
- 27 juin 1918. – Raid d'avions : 6 torpilles, incendie, 1 tué.
- 28 juin 1918. – Raid d'avions : 20 torpilles, 10 tués, une dizaine de blessés, 11 immeubles très abîmés.
- 16 septembre 1918. – Raid d'avions : 25 bombes et torpilles, grave incendie aux Magasins Généraux.
On constate un nombre beaucoup moins élevé de victimes au cours des six derniers raids, la population s'étant habituée à descendre dans les caves. |
| |
| | Pendant le jour, c'était le bombardement par canons à longue portée avec sa lamentable liste de victimes.
589 torpilles et obus sont tombés sur Paris, tuant plus de 400 personnes et en blessant plus de 800 ; l'obus tombé sur l'église Saint-Gervais a causé à lui seul près du quart de ces pertes.
Chaque caserne et chaque grand poste avait été munis d'une ambulance automobile et d'un médecin de garde. Cette voiture marchait pour tout point de chute de projectile dans le secteur de la station ; elle partait avec l'auto-pompe dite « Premier secours ».
Des équipes de sapeurs charpentiers avaient été constituées avec dix voitures d'outils et de bois d'étaiement, dont deux automobiles, qui, aussitôt les projectiles tombés, étayaient ou abattaient les parties des maisons menaçant ruine, de manière à permettre les sauvetages et à limiter les dégâts. Elles procédaient ensuite à la couverture des toitures endommagées, à la clôture des immeubles, au déménagement des mobiliers en péril, à la recherche des projectiles enfoncés dans le sol et non éclatés, etc…
Ajoutons que le nombre des feux était considérable, le Régiment eut à répondre à 8000 appels en 1917 et à éteindre 1800 incendies. |
|
| De plus, si l'on tient compte que le Corps avait à essayer mensuellement 8.000 bouches d'incendie de Paris et les moyens de secours des établissements publics et privés, à vérifier les canalisations de banlieue, à éprouver les avertisseurs publics et privés, à faire l'instruction du personnel des usines, à fournie 80 instructeurs aux lycées, collèges et sociétés de préparation militaire, que 100 sapeurs travaillaient en permanence dans les usines de guerre ou étaient détachés à la terre, etc… on conviendra que le Régiment a produit son maximum d'effort utile et que pour résister à un tel surmenage physique, il a fallu que le ressort moral fut particulièrement bien trempé.
A différentes reprises, le Régiment fut également appelé à opérer à grande distance, par exemple pour le déblaiement du tunnel du Roule à l'intérieur duquel un train chargé de benzol et d'acide sulfurique avait déraillé et formait des mélanges détonants, tout en obstruant l'artère principale entre Paris et Rouen ; lors des incendie de la 2ème réserve d'aviation, aux Mortemets, à Versailles, et de l'usine d'épuration de coton à Hodent, à 63 kilomètres de Paris, où, deux heures après l'appel, les secours étaient maîtres du feu.
Au cours de ces diverses opérations d'incendie et de sauvetage, aux armées [au front] comme à l'intérieur, 1 sous-officier et cinq caporaux et sapeurs ont été tués et plus d'une centaine blessés.
Deux croix d'Officier de la Légion d'honneur, dix de Chevalier, trente six Médailles Militaires, cent soixante dix sept Croix de Guerre furent les récompenses obtenues par les militaires du Régiment de Sapeurs-Pompiers maintenus au Corps.
En totalisant tous les départs, on constate que le Régiment de Sapeurs-Pompiers a fourni aux armées combattantes (infanterie, génie, troupes spéciales pour l'emploi des gaz ou le jet des liquides enflammés, aviation, etc…) :
27 officiers de son cadre normal, 139 officiers provenant des sous-officiers, caporaux et sapeurs, 266 sous-officiers, 176 caporaux, 613 sapeurs, soit plus de la moitié de son effectif.
- 3 croix d'Officier de la Légion d'honneur,
- 39 croix de Chevalier de la Légion d'honneur,
- 93 Médailles Militaires,
- 377 Croix de Guerre,
- 170 citations à l'armée,
- 66 citations au corps d'armée,
- 122 citations à la division,
- 72 citations à la brigade,
- 182 citations au régiment,
furent les récompenses méritées par les survivants de cette légion de volontaires dont le rayonnement de gloire illumine le drapeau du Régiment et le tire de l'ombre où la modestie de sa mission, incontestablement utile mais sans éclat, l'eût laissé.
Douloureuse fut la rançon de cette gloire.
La liste des morts à l'ennemi compte 227 noms : 54 officiers, 107 sous-officiers, 25 caporaux et 41 sapeurs. Le nombre de ceux qui sont revenus indemnes est insignifiant.
Inclinons-nous devant ces tombes qui jonchent la route de la victoire ; gardons pieusement dans nos cœur la mémoire des disparus ; que de générations en générations leurs noms se transmettent et que leur exemple soit à jamais l'inspirateur des nobles pensées, le stimulant des actes généreux et héroïques qui accroîtront encore le patrimoine d'honneur du Régiment de Sapeurs-Pompiers.
Mais que le souvenir orgueilleux des exploits guerriers ne nous incline point à négliger les obligations ou à mésestimer les mérites de l'œuvre de paix.
N'oublions point d'honorer les victimes bénévoles dont le sacrifice, à toutes les époques, illustre nos fastes. N'oublions pas que la liste de nos morts ouverte il y a plus d'un siècle ne se fermera jamais ; que la grandeur et la noblesse de notre mission éclatent dans les vertus obscures, déployées au long des jours et des nuits, dans l'accomplissement régulier de devoirs monotones, vulgaires, parfois odieux, toujours tyranniques et assujettissants, mais féconds et sacrés, puisque la sécurité repose sur eux de la Ville où bat le cœur de la France. |
|  Le Régiment de Sapeurs Pompiers de Paris au Front | A différentes reprises, le Régiment fut également appelé à opérer à grande distance, par exemple pour le déblaiement du tunnel du Roule à l'intérieur duquel un train chargé de benzol et d'acide sulfurique avait déraillé et formait des mélanges détonants, tout en obstruant l'artère principale entre Paris et Rouen ; lors des incendie de la 2ème réserve d'aviation, aux Mortemets, à Versailles, et de l'usine d'épuration de coton à Hodent, à 63 kilomètres de Paris, où, deux heures après l'appel, les secours étaient maîtres du feu.
Au cours de ces diverses opérations d'incendie et de sauvetage, aux armées [au front] comme à l'intérieur, 1 sous-officier et cinq caporaux et sapeurs ont été tués et plus d'une centaine blessés.
Deux croix d'Officier de la Légion d'honneur, dix de Chevalier, trente six Médailles Militaires, cent soixante dix sept Croix de Guerre furent les récompenses obtenues par les militaires du Régiment de Sapeurs-Pompiers maintenus au Corps.
En totalisant tous les départs, on constate que le Régiment de Sapeurs-Pompiers a fourni aux armées combattantes (infanterie, génie, troupes spéciales pour l'emploi des gaz ou le jet des liquides enflammés, aviation, etc…) :
27 officiers de son cadre normal, 139 officiers provenant des sous-officiers, caporaux et sapeurs, 266 sous-officiers, 176 caporaux, 613 sapeurs, soit plus de la moitié de son effectif.
- 3 croix d'Officier de la Légion d'honneur,
- 39 croix de Chevalier de la Légion d'honneur,
- 93 Médailles Militaires,
- 377 Croix de Guerre,
- 170 citations à l'armée,
- 66 citations au corps d'armée,
- 122 citations à la division,
- 72 citations à la brigade,
- 182 citations au régiment,
furent les récompenses méritées par les survivants de cette légion de volontaires dont le rayonnement de gloire illumine le drapeau du Régiment et le tire de l'ombre où la modestie de sa mission, incontestablement utile mais sans éclat, l'eût laissé.
Douloureuse fut la rançon de cette gloire.
La liste des morts à l'ennemi compte 227 noms : 54 officiers, 107 sous-officiers, 25 caporaux et 41 sapeurs. Le nombre de ceux qui sont revenus indemnes est insignifiant.
Inclinons-nous devant ces tombes qui jonchent la route de la victoire ; gardons pieusement dans nos cœur la mémoire des disparus ; que de générations en générations leurs noms se transmettent et que leur exemple soit à jamais l'inspirateur des nobles pensées, le stimulant des actes généreux et héroïques qui accroîtront encore le patrimoine d'honneur du Régiment de Sapeurs-Pompiers.
Mais que le souvenir orgueilleux des exploits guerriers ne nous incline point à négliger les obligations ou à mésestimer les mérites de l'œuvre de paix.
N'oublions point d'honorer les victimes bénévoles dont le sacrifice, à toutes les époques, illustre nos fastes. N'oublions pas que la liste de nos morts ouverte il y a plus d'un siècle ne se fermera jamais ; que la grandeur et la noblesse de notre mission éclatent dans les vertus obscures, déployées au long des jours et des nuits, dans l'accomplissement régulier de devoirs monotones, vulgaires, parfois odieux, toujours tyranniques et assujettissants, mais féconds et sacrés, puisque la sécurité repose sur eux de la Ville où bat le cœur de la France. |  |
|  | |  | | Missions et opérations diverses |  | | Cliquez ici |
| |  | |  |
|
|
| acaspp.com© 2007-2012 - tous droits réservés | Visiteurs depuis avril 2007
| Site mis à jour le samedi 31 décembre 2011 |
|
|
|